Tableau de diagnostic différentiel des lésions nodulaires ou papuleuses siégeant sur le dos des articulations des doigts (IPP/MCP), couvrant les causes fibreuses, dermatologiques inflammatoires, infectieuses, et systémiques. Lecture par colonne « Argument clé » pour la décision rapide en cabinet.
| Diagnostic | Spécificités cliniques | Prurit | Argument clé discriminant | Examens utiles | Traitement |
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Knuckle pads vrais
Fibrose dermique bénigne
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Nodules ou plaques fermes, couleur peau ou rosés, centrés sur les IPP/MCP, évolution lente, généralement indolores. Possiblement associés à une fibrose de Dupuytren ou Ledderhose. | − à + | Fibrose ferme, chronique, non inflammatoire, strictement centrée sur l'articulation. Absence de prurit franc et de signe cutané inflammatoire. | Aucun si aspect typique. Échographie si doute articulaire ou tendineux. Biopsie rarement nécessaire (fibrose dermique dense au collagène). | Rassurer. Éviter frottements et microtraumatismes. Urée 20–40 % si hyperkératose. Dermocorticoïdes peu efficaces. Chirurgie : risque de récidive et cicatrice gênante, rarement indiquée. |
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Eczéma papuleux des mains
Dermatite atopique / allergique de contact
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Papules rouges ou rosées, terrain atopique possible. Fissures, squames ou sécheresse parfois absentes au début. Facteur déclenchant (allergène, irritant). | ++ à +++ | Prurit + réponse rapide au dermocorticoïde en 7–14 jours. | Diagnostic clinique. Patch-tests si forme récidivante, chronique ou suspicion de dermatite allergique de contact. | Émollients réguliers, éviction des irritants, dermocorticoïde fort 7–14 j. Si chronique : inhibiteur de la calcineurine, photothérapie ou avis dermatologique. |
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Dermatite de friction
Lichen simplex débutant
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Plaque ou nodule localisé sur zone de frottement ou de grattage répété. Peut devenir épaissi, lisse ou lichénifié avec le temps. | ++ à +++ | Lésion très prurigineuse, unique ou localisée, entretenue par grattage ou frottement. Rechercher geste répétitif, tic, sport, instrument. | Clinique. Rechercher geste répétitif ou traumatisme local. Biopsie si doute persistant. | Rompre le cycle prurit-grattage : dermocorticoïde fort 7–14 j, émollient épais, pansement protecteur/occlusif court, éviction du frottement. |
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Pompholyx / Dyshidrose
Eczéma vésiculeux des extrémités
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Vésicules profondes de 1–2 mm, aspect en « grains de tapioca », surtout faces latérales des doigts et paumes. Peut évoluer vers bulles si coalescence. | ++ à +++ | Présence de vraies vésicules profondes — non de simples papules ou nodules fermes. | Clinique. Examen mycologique si forme unilatérale (éliminer dermatophytie). Patch-tests si récidives. | Dermocorticoïde fort ou très fort 7–14 j, compresses humides si suintement, émollients. Traiter une hyperhidrose si facteur déclenchant. |
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Lichen nitidus
Dermatose granulomateuse bénigne
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Micropapules de 1–2 mm, brillantes, couleur chair ou rosées, monomorphes, typiquement nombreuses et groupées. Surtout enfant et adolescent. | − à ++ | Très petites papules brillantes, uniformes, multiples — distinctes des papules plus grandes du lichen plan. | Biopsie si doute : infiltrat lymphohistiocytaire focal avec aspect caractéristique « ball and claw ». | Souvent abstention. Si prurit ou gêne : dermocorticoïde local 2–4 sem. Tacrolimus/pimécrolimus en zones sensibles. Photothérapie si forme diffuse. |
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Lichen plan
Dermatose inflammatoire immune
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Papules planes, polygonales, violacées. Stries de Wickham possibles. Atteinte fréquente des poignets et dos des mains. Peut toucher muqueuses buccales. | ++ à +++ | Couleur violacée + stries de Wickham en dermoscopie. Atteinte muqueuse buccale fréquente. | Clinique + dermoscopie. Biopsie si présentation atypique. Dépistage hépatite C selon contexte épidémiologique (adulte surtout). | Dermocorticoïde fort ou très fort. Antihistaminique sédatif si prurit nocturne gênant. Si forme étendue : photothérapie ou traitement systémique spécialisé. |
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Molluscum contagiosum
Poxvirus
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Papules perlées, lisses, en dôme, avec ombilication centrale. Eczéma péri-lésionnel fréquent chez l'enfant atopique. Contagieux par contact cutané. | − à ++ | Ombilication centrale + contenu blanchâtre à l'expression légère. Péri-ombilication érythémateuse souvent présente. | Diagnostic clinique ou dermoscopie (aspect amorphe blanc central). Expression douce du bouchon central si doute. | Souvent abstention (résolution spontanée). Curetage, cryothérapie ou KOH local 10 % selon âge, localisation et gêne. Traiter l'eczéma péri-lésionnel. |
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Verrues planes / vulgaires
HPV (2, 4, 27, 57…)
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Papules couleur peau, planes ou rugueuses, fréquentes sur dos des mains. Phénomène de Koebner possible. Points noirs thrombotiques parfois visibles. | − à + | Surface kératosique ou rugueuse + points noirs thrombotiques visibles en dermoscopie. | Clinique et dermoscopie. Pas de bilan biologique nécessaire. | Attente possible chez l'enfant (résolution spontanée 2 ans). Acide salicylique, cryothérapie ou curetage prudent selon localisation et gêne. |
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Granulome annulaire
Dermatose granulomateuse
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Papules fermes couleur peau ou rosées, souvent en anneau, surtout dos des mains ou des pieds. Pas de squames. Enfant et adulte jeune. | − à + | Disposition annulaire sans squames. Centre aplati. Topographie préférentielle sur dos des mains et pieds. | Clinique. Biopsie si doute. Pas de bilan biologique systématique dans une forme localisée typique (pas de lien prouvé avec diabète dans les formes localisées de l'enfant). | Souvent abstention (résolution spontanée en 1–2 ans). Dermocorticoïde fort ou injection intralésionnelle de triamcinolone si lésion persistante ou gênante. |
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Papules de Gottron
⚠ Dermatomyosite juvénile
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Papules ou plaques érythémato-violacées, parfois squameuses, sur MCP/IPP. Associées : rash héliotrope, photosensibilité, anomalies péri-unguéales, faiblesse musculaire proximale. | − à ++ | Lésions articulaires + signes cutanéo-musculaires de dermatomyosite. Faiblesse musculaire proximale = signe d'alarme majeur. | CK, LDH, ASAT/ALAT, aldolase, ANA, anticorps de myosite (anti-MDA5, anti-TIF1γ, anti-Jo-1…), capillaroscopie. IRM musculaire si doute. | Avis spécialisé rapide dermatologie/rhumatologie/pédiatrie. Photoprotection. Corticothérapie ± méthotrexate selon sévérité (dermatomyosite juvénile). |
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Gale papuleuse
Sarcoptes scabiei
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Atteinte des espaces interdigitaux, poignets, plis, région génitale. Sillons peuvent être absents. Prurit nocturne typique. Atteinte souvent familiale ou collective. | +++ | Prurit nocturne intense + entourage prurigineux. Interdigital + plis + génitaux = triade orientatrice. | Dermoscopie : signe du « jet d'eau avec traînée » (acarien triangulaire). Grattage cutané + KOH si disponible. | Perméthrine 5 % J0 puis J7–10. Traitement simultané de tous les contacts proches. Mesures linge/literie/textiles selon protocole. Ivermectine orale en cas d'échec ou forme profuse (dès 15 kg). |
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Pachydermodactylie
Fibrose mécanique des IPP
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Épaississement fusiforme et latéral des IPP (faces radiale et ulnaire), surtout adolescent ou jeune adulte, souvent lié aux frottements répétés. Indolore, non inflammatoire. | − | Épaississement latéral (faces latérales) des IPP — non dorsal — sans papules séparées. Pas de signe articulaire. | Radiographie ou échographie si doute avec arthrite : absence d'atteinte articulaire attendue dans la pachydermodactylie pure. | Rassurer. Arrêt des microtraumatismes ou habitudes de frottement. Avis dermatologique ou rhumatologique si doute ou gêne esthétique importante. |
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Xanthomes tendineux
Hypercholestérolémie familiale
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Nodules fermes sur tendons extenseurs des mains ou tendon d'Achille. Jaunâtres parfois. Évoquent une hypercholestérolémie familiale. Possiblement asymptomatiques. | − | Nodule tendineux + LDL-C très élevé ou antécédents familiaux de maladie coronarienne précoce. | Bilan lipidique complet, LDL-C, ApoB, Lp(a), anamnèse familiale. Génétique moléculaire si suspicion d'hypercholestérolémie familiale hétérozygote/homozygote. | Prise en charge lipidologique selon l'âge : statine ± ézétimibe / anti-PCSK9 selon indication et âge. Dépistage familial en cascade obligatoire. |